Au lendemain de l'attaque contre la base aérienne 101 de Niamey, survenue dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier, les accusations du chef de la junte nigérienne à l'encontre de plusieurs pays de la sous-région suscitent des réactions officielles. Face aux déclarations d'Abdourahamane Tiani, qui a pointé du doigt un supposé soutien du Bénin à l'attaque armée, le gouvernement béninois a répondu par la voix de son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji.
« Il y a ceux qui vous jalousent parce qu'ils ne savent pas qu'être premier de la classe, ça vous coûte des nuits de sommeil, des temps de divertissement, et beaucoup d'efforts », a déclaré Léandre Houngbédji. Le porte-parole du gouvernement béninois a insisté sur le rayonnement actuel du Bénin dans la sous-région et au-delà, soulignant que les avancées du pays attirent l'attention internationale. « De quel pays parle aujourd'hui le monde entier avec autant d'emphase ? », a-t-il interrogé. Pour lui, les prouesses du Bénin peuvent susciter des réactions hostiles ou des accusations infondées.
Selon Houngbédji, les populations nigériennes elles-mêmes ne semblent pas adhérer à la thèse avancée par leur dirigeant. Il affirme avoir observé sur les réseaux sociaux de nombreuses réactions de citoyens nigériens appelant à préserver les liens fraternels entre les deux peuples. « Les Nigériens disent non, ça suffit, laissez le petit Bénin tranquille. Nous on sait que les Béninois ce sont nos frères, ce sont nos amis. Les Nigériens même n'y croient pas », a-t-il indiqué.
Il a aussi évoqué le silence du Bénin face à la partition de certains pays de la sous-région dans la tentative de coup d'Etat du 7 décembre au Bénin. « On sait très bien quelle est la partition de certains pays de la sous-région. Pour autant, on n'est pas passé s'époumoner partout », a notifié le porte-parole du gouvernement.
Le gouvernement béninois reste concentré sur ses priorités. « Nous n'aurons pas de temps à perdre sur des questions ou avec des gens dont la seule vocation, c'est de nous empêcher d'avancer pour continuer à être premier », a déclaré Léandre Houngbédji. Il a tenu aussi à rassurer l'opinion publique sur la vigilance des autorités face à toute menace sécuritaire. « Nous ne prendrons aucune menace à la légère », a-t-il affirmé.
La Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a poursuivi le jeudi 29 janvier 2026 le procès d'un faux militaire américain de nationalité béninoise, poursuivi pour des faits d'escroquerie en ligne aux ramifications multiples. Le ministère public a requis une peine de 10 ans d'emprisonnement ferme et une amende de 4 millions FCFA ainsi que le paiement de plus de 20 millions de francs CFA en réparation des préjudices subis par ses victimes.
Le prévenu s'est présenté comme un ex-militaire de la promotion 2006 de l'armée béninoise devant les juges de la CRIET. L'homme est poursuivi pour s'être fait passer pour un gradé de l'armée américaine afin d'abuser financièrement de plusieurs personnes sous couvert de promesses de mariage, de visas et de facilitation d'immigration au Canada.
Les faits remontent à octobre 2023. Alors qu'il se trouvait en détention, le prévenu entre en contact, via les réseaux sociaux, avec une femme de nationalité ivoirienne à qui il se présente comme un sergent de l'armée américaine. Cette ressortissante ivoirienne travaillait au Koweït au moment des faits.
Se prévalant de ce faux statut, il lui promet mariage et facilitation de visas pour les États-Unis. Après sa sortie de prison, cet escroc béninois célébrera son union avec l'Ivoirienne. Mais pendant ce temps, le prévenu avec de présumées méthodes chimériques avait déjà soustrait plus de 3 millions de FCFA à la victime, prétendument pour les préparatifs du voyage aux États-Unis.
Résidant au Koweït, la jeune femme est ensuite invitée à rejoindre le Bénin. Le prévenu se rend alors au Togo, où il persuade son beau-père de lui obtenir des visas pour les États-Unis. Pour ces démarches fictives, il encaisse plus de 6 millions de FCFA. Face aux relances répétées de la famille, restées sans suite, il prend la fuite et retourne au Bénin.
À Cotonou, l'homme aurait poursuivi ses activités frauduleuses selon le même mode opératoire. Il entre en relation avec une autre femme à qui il soutrait plus de 4 millions de FCFA pour l'aider à obtenir des visas pour le Canada.
Interpellé par la police, le prévenu a été retrouvé en possession de cinq passeports de différentes nationalités, de clés USB, de plus d'une dizaine de cartes SIM, d'un smartphone et d'une tenue militaire.
Parmi les victimes présumées figurent également la conjointe du prévenu, la femme de nationalité ivoirienne. Celle-ci s'est présentée à la barre comme sa femme et affirme que le mis en cause l'a régulièrement dotée et a même envoyé une délégation en Côte d'Ivoire pour donner un million à sa famille. Elle a déclaré qu'elle ne savait pas que celui qui prétend le faire voyager aux États-Unis était en réalité en prison au Bénin. Leur histoire aurait débuté après un premier contact sur internet, alors que la jeune femme travaillait au Koweït et que son prétendant américain d'origine béninoise était censé résider aux États-Unis.
Un autre proche du prévenu, son oncle commissaire de police, a également été abusé. Celui-ci a déclaré lors d'une précédente audience avoir effectué des dépenses à hauteur de 850 000 FCFA, croyant que son neveu était aux États-Unis et avait intégré l'armée américaine. Au total, cinq victimes se sont présentées lors du procès et réclament plus de 20 millions de FCFA.
Dans ses réquisitions, le ministère public a qualifié les faits d'escroquerie via internet. Il a souligné que le prévenu gayman est un récidiviste des faits et qu'il a déjà fait la prison pour des faits d'escroquerie. Le substitut du procureur a requis une peine de 10 ans d'emprisonnement ferme, ainsi que le paiement d'une amende de 4 millions FCFA. Il a demandé à la Cour de faire droit aux demandes des victimes dont le commissaire de police républicaine qui réclame 850 000 FCFA et à sa femme ivoirienne qui réclame plus de 11 millions FCFA.
Au total, le parquet spécial près la CRIET a demandé à la Cour de condamner ce faux militaire américain à verser à ses victimes plus de 20 millions FCFA en réparation des préjudices subis par les victimes. Le verdict du procès est attendu pour le jeudi 26 mars 2026, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.