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Deux attaques, deux pays, une même faille. Entre le 13 et le 19 juillet 2026, un détachement nigérien a été décimé dans la région de Tillabéri, tandis qu'un convoi malien quittant Anéfis pour Gao tombait dans une embuscade revendiquée par le JNIM et les séparatistes du Front de libération de l'Azawad. Au-delà des bilans, ces opérations mettent en lumière une stratégie désormais centrale au Sahel : couper les routes, épuiser les garnisons et transformer chaque ravitaillement en épreuve de force.
À Téra, seize soldats tués en quelques heures
Le 17 juillet, dans la zone de Téra, à l'ouest du Niger, un détachement des Forces de défense et de sécurité a été visé par une attaque d'envergure. Le bilan officiel, rendu public deux jours plus tard par le ministère nigérien de la Défense, fait état de 16 militaires tués et de 23 blessés, dont neuf grièvement atteints.
Les autorités affirment également avoir tué quinze assaillants, récupéré cinq motos et détruit quatre autres véhicules. Ces données proviennent du gouvernement nigérien et n'ont pas, à ce stade, été confirmées par une source indépendante.
Cette attaque ne survient pas dans un espace secondaire. Téra appartient à la région de Tillabéri, vaste territoire frontalier du Mali et du Burkina Faso, devenu l'un des principaux foyers de l'insurrection sahélienne. Les routes commerciales, les pistes rurales, les corridors transfrontaliers et les mouvements pastoraux s'y entremêlent. Les armées doivent y surveiller des centaines de kilomètres de frontières poreuses tout en protégeant des localités dispersées, des convois et des infrastructures essentielles. Le dispositif militaire y demeure sous tension malgré le durcissement de la réponse sécuritaire. Les autorités nigériennes ont notamment annoncé la création d'unités territoriales d'autodéfense, les Domol Leydi, tandis que les trois États de l'Alliance des États du Sahel ont déclaré avoir mobilisé 15 000 hommes au sein de leur force unifiée.
Pour Héni Nsaibia, analyste principal d'ACLED pour l'Afrique de l'Ouest, cette montée en puissance étatique répond à une insurrection qui ne cesse de s'étendre géographiquement, notamment vers le sud-ouest du Niger et les frontières nigérianes. Pourtant, l'assaut de Téra rappelle une réalité brutale : disposer d'hommes et de matériel ne suffit pas lorsque l'adversaire conserve le choix du terrain, du moment et de la cible.
Anéfis-Gao : une embuscade qui relance la bataille du nord malien
L'embuscade tendue le 18 juillet contre un convoi militaire reliant Anéfis à Gao ne peut être comprise sans revenir quelques jours en arrière. Le 4 juillet, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l'Azawad (FLA) lancent une offensive coordonnée contre plusieurs positions des Forces armées maliennes (FAMa), dont Anéfis, verrou stratégique situé sur l'axe Gao-Kidal. Les combats sont particulièrement violents et les assaillants parviennent, dans un premier temps, à investir une partie de la localité. Face à cette offensive, Bamako engage une contre-attaque d'envergure. Des renforts quittent Gao, appuyés par l'aviation malienne et les unités de l'Africa Corps. Après plusieurs jours d'affrontements, l'état-major annonce, le 10 juillet, avoir repris le contrôle d'Anéfis.
Dans son communiqué, il affirme avoir « nettoyé les positions stratégiques » occupées par les groupes armés et sécurisé l'arrivée d'un important convoi logistique en provenance de Gao. Les autorités présentent alors cette opération comme un succès majeur, estimant avoir rétabli la liberté de circulation sur cet axe essentiel du nord du pays. Pourtant, moins de dix jours plus tard, cette même route redevient le théâtre d'une attaque d'envergure. Le 18 juillet, un nouveau convoi quittant Anéfis en direction de Gao est pris dans une embuscade revendiquée conjointement par le JNIM et le FLA. L'armée malienne reconnaît l'attaque et affirme que des frappes aériennes ont permis au convoi de poursuivre sa progression. Les groupes armés soutiennent, de leur côté, avoir infligé de lourdes pertes et capturé du matériel militaire. Comme souvent dans ce conflit, ces revendications contradictoires ne peuvent être vérifiées de manière indépendante.
Cette succession d'événements est révélatrice. La reprise d'une ville ne signifie plus la maîtrise de son environnement.Les FAMa contrôlent Anéfis, mais les groupes armés conservent une capacité d'action sur les axes qui relient la localité à Gao et à Aguelhoc. En d'autres termes, ils ne cherchent plus nécessairement à occuper durablement le terrain ; ils s'emploient à empêcher l'armée d'en tirer un avantage opérationnel. La bataille se déplace ainsi des centres urbains vers les routes, où se joue désormais une part essentielle de la guerre au Sahel.
La route, arme de guerre économique
La vulnérabilité des convois n'est pas un phénomène isolé. Elle s'inscrit dans une stratégie plus vaste que l'ACLED qualifie de guerre économique. En 2025, l'organisation a recensé plus de 10 000 morts liés aux violences politiques au Mali, au Niger et au Burkina Faso entre janvier et le 28 novembre. Durant la même période, trente étrangers ont été enlevés au Mali et au Niger, tandis que les groupes jihadistes intensifiaient leurs actions contre les sites industriels, les infrastructures, les axes de transit et les chaînes d'approvisionnement.
Au Mali, le JNIM a notamment imposé des restrictions sur les routes reliant Bamako à Kayes, Nioro du Sahel, la Mauritanie, le Sénégal et la Côte d'Ivoire. Des citernes ont été incendiées, des voyageurs kidnappés et les approvisionnements en carburant perturbés. L'ISS Africa relève que ces barrages permettent aux jihadistes d'exercer un contrôle indirect sur les territoires, sans avoir à occuper durablement chaque ville ou chaque village. Cette méthode poursuit plusieurs objectifs à la fois. Elle punit les populations soupçonnées de coopérer avec les autorités, affaiblit les finances publiques, augmente le coût des opérations militaires et oblige les armées à disperser leurs effectifs. Protéger un convoi suppose en effet de mobiliser des blindés, des unités d'escorte, des moyens de détection, parfois des drones et un appui aérien. Chaque camion de carburant devient ainsi un enjeu tactique.Les groupes armés n'ont plus besoin de conquérir une capitale régionale pour produire un effet stratégique. Il leur suffit parfois d'interrompre une route pendant plusieurs jours, de brûler quelques citernes ou de tendre une embuscade suffisamment meurtrière pour ralentir les mouvements suivants.
Des armées contraintes de défendre leurs propres artères
La géographie accentue encore cette fragilité. Le Mali et le Niger comptent parmi les plus vastes pays d'Afrique de l'Ouest. Leurs forces doivent opérer sur des territoires immenses, souvent faiblement desservis par des routes bitumées. Dans certaines zones, une seule voie praticable relie une base avancée à son centre logistique.Dans ces conditions, l'insurrection ne cherche plus seulement à battre l'armée au combat. Elle tente de lui imposer un rythme impossible à soutenir : escorter chaque camion, surveiller chaque piste, sécuriser chaque pont, déminer chaque tronçon et protéger simultanément les populations civiles.
Dès la fin de 2025, ACLED observait que le rôle de l'Africa Corps russe s'orientait de plus en plus vers la protection des convois de carburant et des grands axes du sud malien. L'organisation estimait toutefois que le partenariat militaire avec Moscou n'avait pas empêché l'expansion des groupes armés ni la contestation de l'autorité étatique dans de vastes zones rurales. L'embuscade d'Anéfis donne une portée supplémentaire à ce constat. Si un convoi comprenant des militaires maliens et des éléments russes peut être attaqué sur un corridor aussi stratégique, c'est que la maîtrise aérienne ponctuelle et la puissance de feu ne suffisent pas à garantir la liberté de circulation.
Le prix humain d'une guerre d'asphyxie
Derrière la bataille des routes se dessine enfin une crise civile. Les barrages, les enlèvements et les attaques contre les transports raréfient les denrées, renchérissent le carburant et isolent des communautés déjà fragilisées.Des chauffeurs, en passant par les commerçants, les agriculteurs, les éleveurs et des humanitaires empruntent souvent les mêmes axes que les militaires. Selon les Nations unies, plus de 24 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire dans l'ensemble du Sahel en 2026.
L'organisation souligne que l'expansion des groupes armés provoque des déplacements, contraint des écoles et des centres de santé à fermer et réduit l'accès aux services essentiels. La semaine du 13 au 19 juillet résume cette mécanique d'étranglement. À Téra, seize soldats nigériens ont perdu la vie dans une zone transfrontalière où l'État peine à garantir une présence permanente. Entre Anéfis et Gao, un convoi militaire a dû compter sur des frappes aériennes pour sortir d'une embuscade dont le bilan réel demeure inconnu.Ces épisodes ne prouvent pas que les groupes jihadistes contrôlent toutes les routes du Sahel. Ils montrent en revanche qu'ils disposent encore de la mobilité, du renseignement local et de la capacité de concentration nécessaires pour en interdire temporairement l'usage.
Contrôler une ville ne suffit plus
Les régimes militaires du Mali et du Niger ont fait de la restauration de la souveraineté et de la sécurité la justification centrale de leur pouvoir. Or, la souveraineté ne se mesure pas uniquement au nombre de camps repris ou de localités officiellement administrées. Elle se vérifie aussi dans une capacité plus élémentaire : permettre aux soldats, aux marchandises et aux citoyens de circuler sans que chaque déplacement devienne une opération de guerre.
Au Sahel, les groupes armés semblent l'avoir compris. Ils ne cherchent pas toujours à planter leur drapeau sur les bâtiments publics. Ils frappent les camions qui ravitaillent les garnisons, les pistes qui relient les villes et les détachements chargés de protéger les frontières. La conquête d'un territoire se voit sur une carte. Son asphyxie, elle, commence souvent sur une route vide.
M. M.
A partir du 20 juillet 2026, les utilisateurs de la plateforme SYGMEF doivent désormais passer par une double vérification pour accéder à leur compte.
La Direction Générale des Impôts (DGI) annonce l'entrée en vigueur, ce lundi 20 juillet 2026, d'un nouveau dispositif de sécurité sur la plateforme sygmef.impots.bj, utilisée pour la délivrance des factures électroniques normalisées au Bénin.
Désormais, la connexion ne se limite plus à la saisie d'un identifiant et d'un mot de passe. Après cette première étape, un code de vérification à usage unique (OTP) est envoyé à l'adresse électronique associée au compte de l'utilisateur. L'accès à la plateforme n'est accordé qu'après la saisie de ce code.
Selon la DGI, cette authentification à double facteur vise à mieux protéger les comptes des contribuables contre les tentatives d'intrusion, à préserver l'intégrité des données de facturation et à limiter les risques d'usurpation d'identité.
L'administration fiscale souligne que cette évolution contribuera à renforcer la confiance des usagers dans les services numériques mis à leur disposition.
Pour accompagner cette transition, la DGI invite les contribuables à consulter le guide d'utilisation publié sur son site internet afin de prendre connaissance des modalités d'activation et d'utilisation de cette nouvelle procédure de connexion.
M. M.
La Douane béninoise renforce ses capacités de surveillance avec l'intégration de drones, de gyrocoptères et d'outils de renseignement géospatial.
La Douane béninoise accélère la modernisation de ses moyens d'intervention. L'administration s'appuie désormais sur un ensemble d'équipements technologiques destinés à renforcer la surveillance des frontières et à rendre les opérations de contrôle plus efficaces.
Le nouveau dispositif comprend notamment des drones, des gyrocoptères, des outils de cartographie numérique et des solutions de renseignement géospatial.
En combinant les images aériennes, les données cartographiques et l'analyse des risques, les services douaniers pourront détecter plus rapidement les itinéraires empruntés par les fraudeurs et concentrer leurs opérations sur les zones les plus exposées.
Ces technologies offrent également une meilleure couverture des espaces difficiles d'accès.
Les drones et les gyrocoptères permettent de surveiller de vastes étendues sans mobiliser d'importants effectifs. Au cours d'une récente opération de surveillance aérienne, les drones ont repéré trois motocyclistes transportant des bidons de produits pétroliers dans une palmeraie.
Les outils géospatiaux facilitent le suivi des mouvements suspects et la planification des interventions.
Cette montée en puissance s'inscrit dans la mise en œuvre de l'opération GEOCONTROL, conduite avec l'appui de l'Organisation mondiale des douanes (OMD). Le programme encourage l'utilisation du renseignement géospatial dans les missions de surveillance afin de renforcer la lutte contre les trafics illicites aux frontières.
M. M.
La Police républicaine a rendu publics des avis de recherche visant seize personnes.
La Police républicaine a lancé un appel à la vigilance et à la coopération de la population dans le cadre de recherches en cours.
Les identités des individus recherchés ont été communiquées. Il s'agit de : TIGRI Pascal, SAMBIENI Castro, SAMARY Ousmane, SANHOUEKOUA Bernard, MOUSSA NOMA Rafiou, DASSOUDO Demanmon, ISSA Soumanou, SETONDJI Laurier et OSSENI Yacoubou Moudachirou pour la première liste.
La seconde concerne : BERE YOKOSSI François, ADAMOU Aliou, DARI Nestor Tongabori, YOTTO Alfred, AMADOU Arouna, NOUENI Honoré et BANITE Noufou.
La Police encourage toute personne susceptible de contribuer à leur localisation à transmettre des informations fiables aux services compétents.
Les renseignements peuvent être communiqués par appel téléphonique ou via WhatsApp au 01 91 79 77 77.
Une forte récompense est prévue pour toute information permettant de faire avancer les recherches de manière décisive.
M. M.
Cinq enfants ont perdu la vie par noyade, samedi 18 juillet 2026, dans l'arrondissement de Kokey, commune de Banikoara.
Partis au pâturage, cinq enfants ont été retrouvés morts dans un point d'eau à Kokey, un arrondissement de Banikoara. Le drame est survenu le samedi 18 juillet 2026.
Quatre des victimes appartenaient à une même famille. Le cinquième enfant est le fils d'un bouvier.
Le chef de l'arrondissement de Kokey, le commissaire de Founougo et le major infirmier de la localité se sont rendus sur les lieux pour le constat. A l'issue des vérifications, la thèse de la noyade a été retenue.
Les dépouilles ont été remises aux familles pour les obsèques.
M. M.
Un dispositif de contrôle de hauteur a été installé à l'échangeur de Godomey afin d'empêcher le passage des véhicules dépassant le gabarit autorisé.
Les véhicules gros porteurs dont la hauteur excède la limite réglementaire de 4,5 mètres ne pourront plus passer sur l'échangeur de Godomey dans la commune d'Abomey-Calavi.
Des portiques de gabarit ont été installés aux deux entrées de l'échangeur depuis dimanche 19 juillet 2026.
Le dispositif est constitué de lattes rouges et blanches suspendues au-dessus de la chaussée, accompagnées de panneaux de signalisation avertissant les conducteurs avant leur engagement sur l'ouvrage.
Cette mesure fait suite à l'accident survenu en avril dernier, lorsqu'un camion gros porteur transportant un chargement de bôites d'alumettes dépassant le gabarit autorisé avait percuté l'échangeur avant de s'embraser.
L'accident avait occasionné d'importants dégâts matériels et perturbé la circulation sur l'échangeur.
M. M.
Les Émirats arabes unis poursuivent le renforcement de leurs préparatifs pour accueillir la Conférence des Nations Unies sur l'eau 2026, en intensifiant leurs efforts diplomatiques et en mobilisant le soutien de la communauté internationale. Cette dynamique s'est illustrée lors de leur participation au Forum politique de haut niveau des Nations Unies, tenu du 7 au 15 juillet 2026, à New York.
Le Forum, consacré notamment à l'évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l'Objectif de développement durable n°6, relatif à l'accès universel à l'eau potable, à l'assainissement et à une gestion durable des ressources en eau d'ici à 2030, a vu une participation active de la délégation émirienne conduite par Abdulla Balalaa, ministre adjoint des Affaires étrangères chargé de l'Énergie et du Développement durable.
À cette occasion, les Émirats arabes unis ont réaffirmé l'importance de renforcer la coopération internationale et d'accélérer la mise en œuvre d'initiatives visant à relever les défis liés à l'eau.
À l'approche de la Conférence des Nations Unies sur l'eau, qui sera organisée en décembre 2026 à Abou Dhabi en partenariat avec la République du Sénégal, les Emirats arabes unis entendent faire de cet événement une plateforme mondiale pour mobiliser des engagements concrets et développer les partenariats internationaux dans le secteur de l'eau.
La délégation émirienne a tenu une série de réunions ministérielles avec des représentants de gouvernements, des Nations Unies, d'institutions financières internationales, du secteur privé et de la société civile afin de renforcer la coordination et de poursuivre les préparatifs de la conférence. Les Émirats ont également organisé un événement officiel de haut niveau au siège des Nations Unies, réunissant les coprésidents des dialogues interactifs de la Conférence ainsi que de hauts responsables et experts internationaux.
Les participants ont souligné la nécessité de passer des engagements à l'action, en mettant l'accent sur les solutions innovantes, l'augmentation des investissements dans les infrastructures hydrauliques, le renforcement des partenariats internationaux et l'implication des jeunes, du secteur privé et de la société civile dans l'élaboration de solutions durables.
Bonn, 20. Juli 2026. Ein Jahr nach dem Klimaspruch des Internationalen Gerichtshofs – rechtlich eindeutig, doch politisch umstritten – sollte die Advisory Opinion ein Instrument der internationalen Klimadiplomatie sein, nicht deren Ersatz.
Am 23. Juli 2025 legte der Internationale Gerichtshof (IGH) ein bemerkenswertes Gutachten zu den „Verpflichtungen der Staaten hinsichtlich des Klimawandels“ ab. In dieser sogenannten Advisory Opinion (AO) stellte das oberste Weltgericht fest, dass Staaten ihr Möglichstes tun müssen, um das Klimasystem zu schützen, unter anderem durch internationale Zusammenarbeit und Regulierung privater Akteure, die Treibhausgasemissionen verursachen – unabhängig davon, ob sie Vertragsparteien der Klimarahmenkonvention UNFCCC und des Pariser Abkommens sind. Die Autorität der AO wurde am 20. Mai 2026 durch eine Resolution der UN-Generalversammlung (UNGA) noch zusätzlich unterstrichen.
Dennoch reicht der Einfluss der AO bislang kaum über die Kreise von Jurist*innen und Klimaaktivist*innen hinaus, zumal Klimapolitik gegenwärtig vielerorts zurückgedrängt wird. Das ist kurzsichtig. Multilaterale Institutionen sind umso mehr gefragt, wenn globale Zusammenarbeit von geopolitischen Faktoren überlagert wird. Für die Bewältigung des Klimawandels bleibt internationale Zusammenarbeit unabdingbar. Die klare Stellungnahme des IGH sollte dem Nachdruck verleihen und internationale Klimakooperation stärken, auch wenn sie rechtlich nicht bindend ist.
Da die Reaktionen auf das Gutachten weltweit unterschiedlich ausfallen, ist eine differenzierte Betrachtung wichtig. Dies gilt besonders entlang der Nord-Süd-Konfliktlinie, die die internationale Klimapolitik prägt. Viele Industrieländer begrüßten vor allem, dass der IGH die Notwendigkeit zur Ambitionssteigerung im globalen Klimaschutz betont und die Sorgfaltspflicht stärkt. Viele Entwicklungsländer bewerteten die AO vor einem breiteren Hintergrund, der Entwicklung, Gerechtigkeit und historische Verantwortung umfasst. So stellte sich für viele afrikanische Staaten nie die Frage, ob Klimaschutzmaßnahmen notwendig sind, sondern wie sie mit Industrialisierung und Armutsbekämpfung vereinbar sind. Eine binäre Gegenüberstellung von klimapolitischen Vorreitern und Nachzüglern wird dem nicht gerecht.
Die Stellungnahmen einzelner IGH-Richter spiegeln dieses Spannungsfeld wider. So argumentierten einige, der Gerichtshof habe eine historische Chance verpasst, indem er abstrakten rechtlichen Grundsätzen den Vorrang vor der eigentlichen Kernfrage eingeräumt habe: Welche rechtlichen Konsequenzen ergeben sich für Staaten, deren Handlungen überproportional zum Klimawandel beigetragen haben, und für kleine Inselstaaten und am wenigsten entwickelte Länder, die den schwersten Schaden erleiden? Andere Richter vertraten die Auffassung, das Gericht habe sich unzureichend mit dem Grundsatz der gemeinsamen, aber differenzierten Verantwortlichkeiten und jeweiligen Fähigkeiten (CBDR-RC) auseinandergesetzt und diesen weitgehend als Gerechtigkeitsfrage behandelt, statt konkrete Maßnahmen wie Schuldenerlass, Technologietransfer oder Klimareparationen zu erwägen. Dies ist wichtig, weil Klimapolitik eng mit Handels- und Finanzfragen verzahnt ist, die den souveränen Gestaltungsspielraum der Entwicklungsländer einschränken können. Kritische Stimmen warnen daher vor einer Abkehr vom CBDR-RC-Prinzip hin zu einer „gemeinsamen, aber verlagerten Verantwortung“, deren Last primär denjenigen aufgebürdet wird, die am wenigsten verantwortlich sind.
Ungeachtet dieser Differenzen betont das Gericht in bemerkenswertem und eindeutigem Konsens die Verpflichtung zum Klimaschutz. Die unterschiedlichen Sichtweisen spiegeln politische Fragen der Umsetzung wider, die nach wie vor umstritten sind. Hierin zeigt sich auch, dass Entwicklungsländer nicht mehr nur Gegenstand des Klimavölkerrechts sind, sondern dieses zunehmend mitgestalten. Eine Kampagne von Jugendlichen aus dem Pazifikraum und die diplomatische Initiative Vanuatus brachten das IGH-Verfahren in Gang; afrikanische, pazifische und lateinamerikanische Staaten prägten dessen Verlauf sowie die entstehende Rechtslandschaft zu Klimastreitsachen. In einer sich verändernden globalen Ordnung dürfte diese Gestaltungsmacht absehbar weiter zunehmen.
Für die Praxis internationaler Klimakooperation bedeutet dies, dass das IGH-Gutachten nicht als Ersatz für Klimadiplomatie, sondern als wegweisende Ergänzung ihres Instrumentariums verstanden werden sollte: Rechtsprechung und Diplomatie wirken besser als sinnvolle Ergänzungen denn als konkurrierende Alternativen. Je klarer das Recht, desto dringlicher fällt die anspruchsvollere Aufgabe der politischen Umsetzung den Staaten selbst zu.
Drei Schritte könnten dabei helfen. Erstens sollten die Industrieländer die Sondervoten der Richter ebenso ernst nehmen wie das Haupturteil. Das heißt, die berechtigten Bedenken der Entwicklungsländer als legitim statt als hinderlich zu betrachten. Zweitens sollten die Regierungen die Botschaften des IGH nutzen, um die internationale Klimadiplomatie zu beleben und Klimakooperation voranzutreiben. Drittens sollte die neu ins Leben gerufene Nord-Süd-Kommission unter dem Ko-Vorsitz des ehemaligen deutschen Bundeskanzlers Olaf Scholz und der ehemaligen costa-ricanischen Präsidentin Laura Chinchilla sich dezidiert der AO annehmen. Dann könnte die hochrangige Kommission dazu beitragen, diese zu einem Instrument des Nord-Süd-Dialogs zu machen und ein Gegengewicht zu einem geopolitischen Diskurs schaffen, der Klimapolitik in den Hintergrund drückt. Wird das IGH-Gutachten also ganzheitlich betrachtet und ernst genommen, kann es zu einem Impulsgeber werden. Allerdings nur, wenn Staaten und Regierungen, nicht nur Richter, sich dies trotz machtpolitischer Widerstände zu eigen machen.
Steffen Bauer ist wissenschaftlicher Mitarbeiter in der Forschungsabteilung „Umwelt-Governance“ des German Institute of Development and Sustainability (IDOS).
Kennedy Mbeva ist wissenschaftlicher Mitarbeiter am Centre for the Study of Existential Risk (CSER) der University of Cambridge und Mitvorsitzender der Taskforce „Climate Governance“ des internationalen Earth System Governance (ESG)-Projekts. Er ist Hauptautor des Buches „Africa’s Right to Development in a Climate-Constrained World“.
Reuben Makomere ist wissenschaftlicher Mitarbeiter an der juristischen Fakultät der University of Tasmania (UTAS) in Hobart, Australien, und assoziierter Forscher am Centre for the Study of Existential Risk (CSER) der University of Cambridge. Er ist Mitautor des Buches „Africa’s Right to Development in a Climate-Constrained World“.
People collect signatures against the construction of a massive Mitsui Fudosan datacentre in Hino City, Tokyo, 19 April 2026. Credit: Yasushi Wada/The Yomiuri Shimbun via AFP
By Andrew Firmin
LONDON, Jul 20 2026 (IPS)
Few things unite Donald Trump’s most ardent supporters with the Democratic Party’s progressive wing, but datacentres are one of them. Across the USA, communities are joining forces across the political divide to oppose developments few want but governments seem determined to impose.
Michigan residents are among those who’ve come together across party lines to oppose plans for over a dozen datacentres. Polling shows just 28 per cent of the state’s population support the proposals. Local communities are fighting back, and similar struggles are unfolding across the world.
Datacentre impacts
Datacentre construction is booming, driven by AI use, demanding increasing computing power that requires huge amounts of electricity and water for cooling.
A single question to an AI chatbot can use 10 times more energy than a conventional search. Generating an AI image takes around a thousand times more energy than generating text. The International Energy Agency (IEA) projects that datacentre electricity demand will double by 2030.
In Utah, despite thousands of objections, authorities recently approved one of the world’s largest datacentres. It will need more power than the entire state currently uses. The development will construct a gas-fired plant.
AI growth is driving the construction of such gas-powered plants, meaning that more datacentres cause more greenhouse gas emissions. According to the IEA, coal is currently the top energy source for datacentres and over half of all current datacentre power comes from fossil fuels. The agency expects renewables to eventually provide a bigger share of growing needs, but warns that datacentre demand is driving growth for fossil fuel-generated electricity.
Tech companies once pledged to be climate leaders, but that no longer rings true. Google promised to become net zero by 2030, but its greenhouse gas emissions leapt 48 per cent from 2019 to 2023 as it embraced gas-fired electricity for datacentres. In Mumbai, India, two coal plants due to close in 2024 have had their operational life extended to meet demand from Amazon datacentres. Last December, Irish authorities decided that datacentres can keep using fossil fuel electricity for six more years. The UK intends to burn gas to power over 100 planned new datacentres.
Fossil fuel corporations lobby for datacentres almost as hard as tech companies, because they help perpetuate a destructive business model otherwise threatened by the shift to renewables. Fossil fuel corporations were among Donald Trump’s top campaign backers, and they’re benefiting from his administration’s rollback of regulations and ambition to achieve ‘unchallenged global technological dominance’.
Water supplies are coming under greater strain. One large datacentre can use as much daily water as a town of 50,000 people, yet datacentres are being built in some of the world’s driest regions. Amazon plans to open new datacentres in Aragon, Spain, even as the regional government seeks European Union help for drought. Similar concerns surround plans for one of the world’s biggest datacentres in the United Arab Emirates.
Civil society resistance
The struggle against tech companies and their lobbying riches is an unequal one, but civil society is mounting an increasingly credible response.
Climate litigation is an established civil society tactic, and recent research indicates that lawsuits are an emerging response to datacentre developments, with recent examples in Ireland, the UK and the USA. Civil society groups are also filing objections in planning processes, including one recently lodged against a huge proposed datacentre in Cape Town, South Africa.
Legal action by two UK organisations forced the developer of a huge new datacentre in Buckinghamshire to commit to binding environmental impact mitigation measures. Lawsuits are also exposing how datacentre impacts are often understated and inadequately measured. A 2022 case forced Google to publish accurate water consumption figures for an Oregon datacentre.
Protests and campaigning are bringing successes. In 2023, protests driven by a recent drought forced Google to change plans for a datacentre to reduce water use in Uruguay. Similar protests in Chile caused Google to pause its plans. As of last year, public pressure had led to over US$42 billion worth of datacentre projects being changed, delayed or cancelled in Europe, and US$77 billion worth in the USA.
In the USA, civil society groups have forged alliances with sub-national administrations to develop stronger local environmental and accountability standards. While established politicians aren’t listening, there are signs that US local politics are shifting. Some candidates opposed to datacentres have won, and several local administrations have introduced bans or moratoriums.
Campaign successes are bringing new threats. US industry lobbyists have smeared activists as agents of foreign influence determined to sabotage the country’s technological supremacy. US government documents show a growing focus on what they call ‘anti-technological extremism’, suggesting that security forces may be gathering intelligence on campaigners, and peaceful protesters could be targeted for surveillance on national security grounds.
Tech companies that are driving datacentre development often present themselves as free speech champions. They should prove it by ensuring that wherever they develop, people are able to protest, and hold them to environmental standards. There’s widespread public opposition and no shortage of people bearing the climate and environmental costs of the datacentre boom. Their voices must be heard.
Andrew Firmin is CIVICUS Editor-in-Chief, co-director and writer for CIVICUS Lens and co-author of the State of Civil Society Report.
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Elders meet with Danny Seidemann, founder of Terrestrial Jerusalem, to discuss the E1 settlement plan and Jerusalem’s holy sites. Credit: Maya Levin / the Elders
By the Elders
LONDON, Jul 20 2026 (IPS)
We have just concluded a visit to the West Bank, Israel, Jordan and Lebanon. From all that we have witnessed and heard, our inescapable conclusion is that the government of Prime Minister Netanyahu, and in particular Ministers Smotrich and Ben-Gvir, aim to make Palestine disappear physically, economically, culturally and politically. Yet other governments either are choosing not to see this or lack the will to take meaningful concerted action.
While the population in Gaza is forcibly pushed into an ever-smaller pocket of land amid destruction and deplorable humanitarian conditions, annexation of the West Bank and East Jerusalem is occurring in plain sight. The Government of Israel’s systematic attacks on UNRWA are intended to de-legitimise the rights of Palestinian refugees. Hate speech and incitement to violence by ministers are dehumanising Palestinians and creating a dangerous enabling environment for ethnic cleansing to take root.
We have spoken to mothers, fathers and children who are living under occupation and whose lives and dignity are oppressed in every sense. This is a collective denial of humanity.
We refuse to abandon the vision of the Israeli and Palestinian peoples living alongside each other in mutual peace and security.
Self-determination is the right of Palestinians, but the current Government of Israel aims to deprive them of it permanently. Ultimately, occupation, annexation, and forced displacement leading to ethnic cleansing will also destroy the long-term prospects for Israel’s own peace and security.
We recognise that Israel has long-standing and legitimate security concerns. These have been heightened since the Hamas terror attacks of 7 October 2023 which we have unequivocally condemned.
Those concerns cannot be addressed through occupation and aggression, but only through inclusive political solutions and a genuine path to Palestinian self-determination. Many Israeli security experts share this view.
We are alarmed by the growing settler violence and the severe pressure on services provided by the Palestinian Authority – caused mainly by the Government of Israel’s unjustified withholding of Palestinian tax revenues. These are inflicting ever greater hardship on Palestinians.
Only two states living side by side in peace, with clearly negotiated borders and mutual recognition, can give security to Israelis and Palestinians alike. Peace depends on two-state security.
This will be possible only by stopping Israel’s actions and the impunity that facilitates them from the horrors of the genocide which has unfolded in Gaza and the ongoing annexation of the West Bank to the illegal US-Israeli war on Iran. The same applies to the IDF’s continuing military incursions into, and occupation of parts of Southern Lebanon: innocent civilians are being killed and hundreds of thousands of Lebanese have been uprooted from their land.
International handwringing and regret will be of no value to Palestinian men, women, and children if the E1 settlement proceeds to cut through the West Bank and seals off East Jerusalem, or when the sustained deprivation and shrinking of Gaza – already one of the most densely populated areas of the world – renders normal life impossible.
We applaud the Palestinian and Israeli human rights organisations which are shining a light on state-sanctioned abuses against Palestinian detainees. We welcome the growing criticism of settler terror attacks – often with the complicity of the IDF – against Palestinian civilians in the West Bank.
When Israeli society at large recognises both the fundamental injustice of Israel’s nearly 60-year-long occupation of Palestinian territory and the Palestinians’ right to dignity and self-determination there can be a just and lasting peace.
The same message applies to Israel’s traditional partners and allies, particularly the European Union. We support the efforts of those EU Member States which are already proposing robust actions on trade and sanctions against Israel, including suspension of the trade pillar of the EU-Israel Association Agreement. Most immediately, the EU must ban all trade with the West Bank settlements which it has long agreed are illegal. The EU has a responsibility to uphold international law; without taking decisive action it is complicit in these injustices.
The UN Security Council must act to ensure that the path forward is firmly grounded in international law.
Palestine must not disappear. Leaders must accept responsibility and act now.
Mary Robinson, former President of Ireland and former UN High Commissioner for Human Rights
Graça Machel, Founder of the Graça Machel Trust, Co-founder and Deputy Chair of The Elders
Helen Clark, former Prime Minister of New Zealand and former head of the UN Development Programme
Hina Jilani, Advocate of the Supreme Court of Pakistan and co-chair of the Taskforce on Justice
IPS UN Bureau
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A statement by Mary Robinson, Graça Machel, Helen Clark and Hina Jilani following their visit to the Middle East, 11-16 July 2026.Verstärkt durch Kürzungen in der Entwicklungszusammenarbeit (EZ), leiden viele Niedrig- und Mitteleinkommensländer aktuell unter großer Finanznot. Höhere Eigeneinnahmen sind vor diesem Hintergrund für die meisten Länder ein erstrebenswertes Ziel. Auch im internationalen entwicklungspolitischen Diskurs nimmt die Stärkung von Eigeneinnahmen mehr Raum ein – und zwar über das gesamte politische Spektrum hinweg. Für die einen soll sie die Entscheidungsspielräume der jeweiligen Regierungen erweitern und die Entwicklungsorientierung öffentlichen Handelns stärken, für die anderen die Industrieländer des sog. globalen Nordens von Transferleistungen entlasten und die "Sucht“ der Empfängerländer nach EZ-Zahlungen beenden. Aber welche Möglichkeiten stehen Niedrig- und Mitteleinkommensländern überhaupt offen, mehr Eigeneinnahmen zu erzielen? Der vorliegende Policy Brief zeigt, dass besonders die Besteuerung von Privateinkommen und Grundbesitz Chancen auf Mehreinnahmen eröffnen könnte. Ein bedeutendes Feld ist zudem die Rationalisierung von Steuervergünstigungen, die häufig substanzielle Mindereinnahmen verursachen, ohne dass ein entsprechender Nutzen erkennbar wäre. Gleichzeitig ist es aber auch wichtig, den systemischen – und eminent politischen – Charakter von Steuerreformen zu erkennen. Jenseits der technischen und administrativen Machbarkeit muss immer auch die politische Umsetzbarkeit von Reformen berücksichtigt werden. Darum sind kurzfristige Steuererhöhungen – etwa durch höhere Verbrauchssteuern oder Zölle – für sich genommen oft wenig nachhaltig. Vielmehr geht es darum, den sog. „Fiskalvertrag“ zwischen Steuerzahler*innen und Staat auf eine breitere und stabilere Grundlage zu stellen, bei der auch bessere öffentliche Leistungen eine Rolle spielen. Es ist daher nicht ohne weiteres möglich, eine Einnahmenart – EZ – durch die andere – Steuern – zu ersetzen. Das wird von den Befürwortern von EZ-Kürzungen gerne unterschlagen. Bei der Umstellung muss EZ weiterhin und trotz insgesamt sinkender Mittel Beiträge leisten. Internationale Akteure, darunter auch die Bundesregierung und die EU, können Partnerregierungen in vielerlei Hinsicht unterstützen. Sie tun das schon heute, etwa durch die Förderung der Addis Tax Initiative (ATI). Deutschland und die EU sollten darüber hinaus entschlossen dazu beitragen, multilaterale Ansätze der Zusammenarbeit zu stärken. Dies gilt vor allem für die Rahmenkonvention der Vereinten Nationen (UN) für die internationale Zusammenarbeit in Steuerfragen, die derzeit ausgehandelt wird.
La politique contemporaine est prisonnière d'une illusion : celle de croire que l'image suffit à fonder le leadership. Jamais les responsables publics n'ont autant communiqué, jamais ils n'ont autant investi dans leur visibilité. Pourtant, jamais non plus la confiance des citoyens n'a semblé aussi fragile. C'est sans doute parce que l'image, aussi puissante soit-elle, demeure une réalité éphémère. Elle séduit, mais elle ne dure pas.
J'écrivais déjà, dans Marketing politique et manipulation en période électorale (2011), que l'image politique est un construit, toujours tributaire des perceptions et des circonstances. Quinze années plus tard, cette conviction n'a fait que se renforcer. L'image accompagne l'action ; elle ne la remplace pas. Ce qui résiste au temps n'est pas l'image, mais le style.
Le style politique n'est ni une posture ni une esthétique. Il est une méthode. Il est cette cohérence qui relie une pensée, une manière de décider et une façon d'agir. Il suppose de comprendre avant d'entreprendre, d'organiser avant de transformer, de durer plutôt que de simplement apparaître. C'est cette grille de lecture qui permet de saisir la profondeur du parcours actuel de Joseph Fifamin Djogbénou.
La singularité de son itinéraire ne réside pas uniquement dans les responsabilités qu'il exerce. Elle tient davantage à la manière dont des univers souvent séparés se rencontrent chez lui : l'université, le droit, la vie institutionnelle et l'organisation politique. Cette convergence donne à son action une cohérence particulière.
Professeur titulaire de droit, il continue d'enseigner et d'encadrer des travaux de recherche malgré l'intensité de ses responsabilités publiques. Ce choix est loin d'être anodin. Il traduit une conviction : la décision politique gagne en qualité lorsqu'elle demeure en dialogue permanent avec la connaissance. Aristote appelait phronesis cette intelligence pratique qui permet d'agir avec justesse dans des situations complexes. La politique n'est pas seulement affaire de volonté ; elle est d'abord affaire de discernement.
Cette culture de la réflexion irrigue pleinement sa pratique institutionnelle. À la présidence de l'Assemblée nationale, son action traduit une volonté claire de replacer la règle au cœur du fonctionnement parlementaire. La ponctualité est devenue une exigence. L'assiduité aux travaux des commissions, aux séances plénières et aux séminaires de formation est encouragée. L'institution réhabilite ainsi une idée simple : la qualité de la loi dépend aussi de la discipline de ceux qui la fabriquent.
Dès lors, la gouvernance de l'institution parlementaire change de paradigme. Loin des artifices de la communication d'affichage, le style de Joseph Djogbénou s'impose par sa rationalité et sa rigueur méthodique. Djogbénou ne se contente pas de présider ; il se positionne en véritable locomotive institutionnelle. Par son rythme de travail et sa maîtrise des textes, il imprime une cadence inédite et un cap précis à la machine législative, entraînant l'ensemble vers un impératif de performance. Ce style, qui refuse l'urgence pour privilégier la structure, redéfinit profondément l'efficacité politique.
La même logique prévaut dans la gestion administrative. Là où les changements de gouvernance conduisent parfois à des remaniements systématiques, Joseph Djogbénou a privilégié la stabilité et la rationalité, en initiant un audit organisationnel afin d'adosser les réformes à venir sur des données rigoureuses avant d'engager toute réforme d'ampleur. C'est le choix d'une administration moderne, fondée sur l'évaluation, les compétences et la continuité de l'État plutôt que sur les seules appartenances politiques. Les résultats du travail parlementaire confortent d'ailleurs cette recherche d'efficacité, traduisant une maîtrise de l'agenda législatif et le succès des travaux lors de la première session ordinaire qui vient de s'achever.
Cette même méthode irrigue son engagement partisan. À la tête de l'Union Progressiste le Renouveau, Joseph Djogbénou ne conçoit pas le parti comme un simple instrument de conquête électorale. Il s'attache à en faire une institution de formation politique, de production d'idées et de responsabilité collective.
La structuration permanente des instances de base, l'animation du territoire, les rencontres avec les maires autour d'une vision commune du développement local ainsi que les échanges réguliers avec les ministres et ministres-conseillers participent d'une même logique : transformer une organisation politique en un espace durable d'apprentissage, de discipline et de transmission. Le parti cesse alors d'être une machine de circonstance pour devenir une école de gouvernement.
La cérémonie du 18 juillet 2026 s'inscrit pleinement dans cette logique institutionnelle. En distinguant présidents d'institutions, ministres, députés, préfets, secrétaires généraux de ministères et autres hauts responsables ayant servi l'État sous la présidence de Patrice Talon, Joseph Djogbénou ne s'est pas limité à un exercice protocolaire. Il a posé un acte de transmission.
Car reconnaître le service rendu à l'État, c'est inscrire l'action publique dans une continuité qui dépasse les alternances politiques. Une démocratie solide ne vit pas seulement de ses renouvellements ; elle se nourrit également de sa mémoire institutionnelle. L'expérience des serviteurs de l'État constitue une richesse collective qu'il convient de préserver et de transmettre.
Max Weber rappelait que l'homme politique accompli conjugue l'éthique de la conviction et l'éthique de la responsabilité. Thierry Saussez a montré, pour sa part, que le style réinvente la politique lorsqu'il s'affranchit de la seule communication pour devenir une véritable modalité d'exercice du pouvoir. Ces deux perspectives se rejoignent sur un point cardinal : la valeur de l'action politique réside tout entière dans la rigueur de la méthode qui la sous-tend.
C'est précisément cette idée que s'attache à installer Joseph Djogbénou. Qu'on partage ou non ses orientations, force est de constater qu'il impose une pratique où la rationalité précède la décision, où l'organisation accompagne l'action et où la transmission du savoir demeure indissociable de l'exercice du pouvoir.
Les démocraties africaines entrent progressivement dans une nouvelle étape de leur maturation. Les citoyens n'attendent plus seulement des résultats immédiats ; ils réclament des institutions crédibles, des organisations capables de durer et des dirigeants dont l'autorité repose autant sur la compétence que sur la méthode.
Dans cette perspective, le véritable héritage d'un homme d'État ne réside ni dans la somme des fonctions exercées ni dans l'accumulation des réformes entreprises. Il réside dans les principes d'action qu'il lègue aux générations suivantes.
L'image produit de la visibilité. La méthode construit de la crédibilité. La première peut susciter l'adhésion ; la seconde forge les institutions. Et l'histoire, presque toujours, retient moins ceux qui ont occupé le devant de la scène que ceux qui ont su donner une forme durable à l'action publique.
Romain Léandre Dossou KIKI
Auteur de Image politique en Afrique francophone et de Marketing politique et manipulation en période électorale (préface de Jérôme Carlos et postface de Jean-Paul Gourevitch).